Les Kabyles sont un peuple berbère (amazigh) de la Kabylie, région montagneuse à l'est d'Alger en Algérie. Les habitants de cette région densément peuplée ont massivement émigré vers différentes parties du pays (notamment Alger[1]) et vers la France[2]. Depuis 1871, ce peuple tente de faire face à une assimilation culturelle, linguistique (arabe dialectal et français) et à une mutation de son organisation sociale.
Le terme « kabyle » serait originaire du mot arabe qabā'il (قبائل), pluriel de al-qabīla (قبيلة), « tribu » [3],[4]. Il est utilisé pour la première fois vers le XVIIIe siècle d'abord sous la forme de Cabeilles, puis Cabaïls par les explorateurs occidentaux pour désigner les population Berbères de l'Algérie septentrionale, alors même que l'arabe est déjà présent sur une partie du pays.
Transcrit sous la forme de « kbayel » pour « قبائل » (absence du phonème « v » dans l'alphabet arabe), les Kabyles prononcent « kvayel » qui signifie « ceux avant » pour désigner les autochtones. Le terme « kvayel » est le pluriel du mot « kvel » qui signifie : « avant, précédent ». Toutes les tribus « autochtones » de Kabylie sont fédérées sous l'unique vocable de « Kvayel » alias « قبائل » ou « Kabyles ».
C'est donc le terme que les Européens utilisaient pour désigner ces montagnards qui portaient des noms différents en fonction des tribus auxquelles ils appartenaient. Aussi, il pouvait aussi bien désigner les berbères des Aurès, de l'ouest algérien, et même du Maroc. On parlait alors de Kabylie de l'Ouarsenis, ou encore des Kabylies du Maroc[5]. Le nom s'est ensuite restreint à l'ensemble formé de la Kabylie du Djurdjura et du dahra et celles des Bibans-Babors, du fait notamment de la plus grande attention que la France a fixé à cette région qui opposait une résistance plus tenace.